Marcher son cheval pour réduire le risque de tendinite ?

J’entends souvent que lors de l’échauffement, il faut marcher son cheval pour réduire le risque de tendinite. Mais est-ce que cela est vrai? Aujourd’hui, je vous dédie un article sur l’échauffement du membre distal.

Pourquoi marcher son cheval ?

Membre distal cheval

La phase de pas est importante lors de l’échauffement. S’échauffer permet d’augmenter la chaleur tissulaire, aussi bien des muscles que des tendons. Les tendons ont une structure sensible. De ce fait, ils ont besoin d’être échauffés pour travailler et limiter le risque de blessure. Les tendons d’un cheval qui galope SANS protection atteignent rapidement une chaleur de 45°C. Lorsque la chaleur du tendon atteint 48 °C, il suffit de 10 minutes pour que les cellules tendineuses commencent à mourir. Cela entraîne des microlésions tendineuses. Ce sont ces microlésions qui seront responsables des tendinites.

Le membre distal

Le cheval n’a pas de muscle en dessous du carpe à l’avant et du tarse à l’arrière. C’est pour cette raison que les tendons jouent un rôle essentiel. Il permettent de transmettre l’énergie aux pieds. Plus les tendons sont élastiques et plus ils sont efficaces. Je vais vous donner l’exemple de l’élastique en caoutchouc. Mettez-le au frigo, essayez de l’étirer, il risquera de casser. Chauffez-le et étirez le, il aura perdu toute son élasticité. Il en va de même pour un tendon. Pour qu’il soit efficace, il doit être dans une zone de chaleur confortable. Par conséquent, l’échauffement est donc primordial, mais il faut aussi surveiller la surchauffe.

La tendinite

Un tendon est composé de milliers de fibres élastiques. Lorsque le cheval pose un membre au sol, une hyperextension se produit au niveau du boulet, ce qui induit beaucoup de force sur les tendons et ligaments. De très fines fibres du tendon peuvent alors se sectionner. Si le cheval est travaillé régulièrement à un niveau et à une intensité adaptés, les fibres vont se régénérer automatiquement. En revanche, si le cheval est surtravaillé ou que le sol sur lequel il travaille n’est pas adapté, les fibres ne peuvent se régénérer et d’autres céderont ; le tendon sera chaud, parfois gonflé et le cheval boitera.

La phase aiguë

Une fois la pathologie apparue, il faut agir vite. Une inflammation aiguë apparaît immédiatement et dure environ 48 à 72 heures. Pendant cette période, il faut essayer de la réduire par le biais de cryothérapie ou d’anti-inflammatoires.

La phase subaiguë

Après la phase aiguë, la phase subaiguë apparaît. À ce moment, le thérapeute peut commencer des mobilisations passives, des massages anti-inflammatoires favorisant la circulation sanguine nécessaire pour une bonne cicatrisation. L’utilisation d’appareils de physiothérapie stimulant la production et le bon réalignement des fibres de collagène peut également être envisagée. À partir de 45 jours, nous entrons dans la phase chronique où il devient plus difficile pour le thérapeute de travailler sur le tendon, car les fibres de collagène sont déjà formées. Il est donc important de soigner une tendinite/desmite dès les premiers signes. Il existe aussi des moyens médicaux (PRP, cellules souches) permettant aux tissus de se régénérer plus rapidement avec des fibres de meilleure qualité, mais tout cela, je vous en parle en détail dans le webinaire sur les tendinites, que vous pouvez retrouver en replay ici.

Et donc, faut-il marcher son cheval longtemps ?

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