L’ingestion d’eau, été comme hiver, suscite souvent des préoccupations de la part des propriétaires. En effet, nous sommes concernés par le fait de donner de l’eau froide ou le fait de laisser un cheval boire à sa soif après un effort, sous prétexte que cela pourrait provoquer une colique. Mais ce risque de colique existe t-il vraiment ? Dans cet article, nous commencerons par analyser les facteurs qui influencent l’ingestion d’eau, puis démystifierons certains mythes et croyances courants.
Qu’est-ce que l’eau froide ?
Étrange question, me direz-vous. Pourtant…
Il y a quelques années de cela, j’avais formulé un questionnaire afin de connaître votre avis sur le sujet. Vous étiez 265 à y avoir répondu, voici vos réponses en image.

Donc déjà là, on peut se dire que quand on parle d’eau froide, nous n’avons pas tous la même perception et c’est important de s’en rappeler. Donc quand on demande : « l’eau froide peut-elle engendrer des coliques ? » la question manque un peu de précision. Petit rappel, le terme « colique » chez le cheval veut simplement dire mal de ventre. Une colique peut avoir de nombreuses causes et toucher plusieurs parties du système digestif. Elles peuvent être par exemple causée par l’ingestion de sable, des douleurs ovariennes ou encore des ulcères gastriques. Donc maintenant, venons-en à nos études sur le sujet.
Qu’est ce qui impact la quantité d’eau ingérée par le cheval ?
Pour être hydraté convenablement, un cheval boit en moyenne 20 à 40L par jour. Mais cela peut largement être augmenté avec le travail ou les fortes chaleurs.
De nombreux facteurs ont un effet sur la quantité d’eau ingérée, voyons tout cela ensemble.
L’alimentation de votre cheval
La nourriture que vous donnez à vos chevaux aura également un impact sur la quantité d’eau ingérée. Une étude a en effet mis en avant qu’un cheval nourrit qu’au foin, consommant en moyenne 19% de matière sèche en plus par jour, buvait en moyenne 26% d’eau en plus par jour (Pagan et al, 1998) ! Et oui, ce n’est pas rien ! Cette augmentation est liée à plusieurs choses :
-Le fait que lorsque le cheval mange de la fibre, il produit plus de salive que lorsqu’il mange des granulés (et pour produire de la salive, il faut de l’eau)
-Pour digérer la fibre et la fermenter, le cheval a besoin de plus d’eau dans le cæcum.
Un cheval ayant accès à de l’herbe bien verte consommera moins d’eau car l’herbe a un taux d’humidité plus élevé que le foin.
Bassines ou abreuvoirs ?
La manière dont vous abreuvez votre cheval aura également un impact sur sa consommation, et ça, je vous en parle ici.
La température de l’eau
La température qu’il fait aura évidemment un impact sur la consommation d’eau. Une étude menée sur des poulains a trouvé que lors de températures variant de -8 degrés à -17 degrés, leur consommation d’eau pouvait baisser de 14% comparée à celle de poulains gardés à une température ambiante de 8 degrés (ce qui reste une température assez froide) (Cymbaluk, 1990). Une autre étude menée sur des chevaux au travail a également observé une ingestion d’eau supplémentaire pour des chevaux étant dans un endroit chaud et humide comparé à un endroit chaud et sec (Geor, 1996)
La masse corporelle de votre cheval
La masse corporelle de votre cheval. Et oui, un cheval obèse aura besoin de moins d’eau qu’un cheval en bonne forme physique. En effet, les tissus gras ne contiennent presque pas d’eau comparés aux muscles qui, eux, doivent être bien hydratés pour fonctionner correctement (Kohn and DiBartola, 1992)
Oui, vous remarquerez que les études sont assez vieilles, mais il fallait bien commencer quelque part pour comprendre les besoins du cheval. Une fois que ceux-ci ont été compris, il n’y avait plus vraiment besoin de refaire les mêmes études.
Maintenant, venons-en à notre question du jour : l’ingestion d’eau « froide » ou d’eau juste après un effort peut-elle engendrer une colique ?